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Témoignages

Les Déjeuners avec un RH, le Programme Galilée : exemples de partenariats innovants Entreprises / Universités menés par l'Université Paris 13 Nord.

 

Interview de Jean-Claude Piat, Vice-Président Orientation et Insertion Professionnelle, et Directeur du SCUIO-IP de l'Université Paris 13 Nord

 

 


Pouvez-nous nous présenter, en quelques mots, l’Université Paris 13 Nord ?


L’Université Paris 13 Nord est située sur 4 campus : Saint Denis, Bobigny, La Plaine St-Denis et Villetaneuse.

C’est une université pluridisciplinaire avec un pôle Santé. Constituée de 9 composantes (Unités de Formation et de Recherche) ainsi que de 3 IUT et une École d’Ingénieurs, elle accueille 27 000 étudiants dont 65% en premier cycle, 32 % en deuxième cycle et 3 % en troisième cycle. Sur le premier cycle, 30 % sont en filières courtes et  IUT, 60 % sont en licences.

L’Université est composée de 32 laboratoires de recherche : 60 % en sciences et 40 % en sciences humaines.
 


En quoi consiste vos fonctions de responsable du SCUIO et Vice-Président au sein de Paris 13 Nord ?


Au sein de l’université Paris 13 Nord, j’ai en réalité 3 fonctions. La première est celle d’enseignant en génie mécanique. Je suis aussi Directeur du Service Commun Universitaire d'Information, d'Orientation et d'Insertion Professionnelle de l'Université (SCUIOP-IP). Ce service intervient sur les champs de l’orientation, que cela soit en lycée ou dans notre université, de l’information et de l’insertion professionnelle. Il est organisé en 3 pôles : Sup Orientation, Sup Insertion et l’Observatoire des Parcours et des Débouchés professionnels. Ma troisième « casquette », politique, est celle de Vice Président  « Orientation et Insertion Professionnelle ». Ce dernier point est un signal fort voulu par le Président Jean-Loup Salzmann de la nécessaire synergie entre orientation et accompagnement à l’insertion pour la réussite de nos étudiants.
 


Les partenariats Université Paris 13 Nord / Entreprises


Quel est le positionnement de votre université en matière de partenariats Universités/Entreprises ?


Les partenariats universités/entreprises sont dans les gènes de notre université. C’est quelque chose de naturel. Cela étant, il y a un avant et un après LRU, la loi de 2007 relative aux Libertés et Responsabilités des Universités.
Avant, la relation avec les entreprises se construisait au cas par cas et directement avec les enseignants, en fonction des formations. La plupart des entreprises avaient l’impression que l’université était une « tour d’ivoire ». Après la loi LRU, une autre dynamique de partenariat s’est enclenchée : les entreprises ont compris qu’elles pouvaient davantage s’associer à l’université.

Notre université a 40 ans et, depuis sa création, nous avons des liens avec les entreprises. Les partenariats ont toujours existé. Les entreprises nous reprochaient souvent de ne pas réussir à trouver le bon point d’entrée à l’université pour mener des actions en matière d’accès à l’emploi des étudiants. Désormais, le BAIP (Bureau d’Aide à l’Insertion Professionnelle) est le guichet unique vers lequel l’entreprise peut se retourner pour mettre en place des actions.

L’université est une structure séculaire. Ses principaux objectifs sont de former de futurs professionnels dans des domaines très précis et de former les futurs « créateurs et transmetteurs de savoir » (les professeurs).
Au-delà de la formation des chercheurs et des enseignants, l’université doit aussi relever le challenge de la professionnalisation et l’insertion professionnelle de tous ses étudiants.
Cependant, l’université doit aussi être vigilante : elle ne doit pas se transformer en une structure uniquement professionnalisante.

 


Quels types d’actions menez-vous avec les entreprises en faveur de l’insertion professionnelle des étudiants de l’université ?


Nous menons des actions pour améliorer la vision et la connaissance des étudiants du monde de l’Entreprise. Ainsi, nous organisons des présentations métiers. Elles nous permettent de collecter et de centraliser des offres de stage et d’emploi.
Nous mettons aussi en place des forums entreprises ainsi que des rencontres avec des Responsables de Ressources Humaines qui viennent expliquer aux étudiants les ficelles du recrutement.

 


Qu’est-ce que ces actions vous ont apporté ?


Elles nous ont permis d’améliorer notre taux d’insertion professionnelle. Au niveau Master, dans toutes les composantes de nos formations, droit, sciences économiques, communication, ressources humaines, etc., nous avons souvent des taux d’insertion professionnelle proches de 100 %, avec des niveaux de rémunération intéressants. Ce sont des insertions de qualité. Par qualité j’entends : qualité de la formation et qualité du métier obtenu suite à la formation.
 


Comment mesurez-vous la qualité des métiers exercés par les diplômés ?


Au niveau Master, nos étudiants décrochent des postes de cadres ingénieurs ou de cadres de la fonction publique, catégorie intermédiaire, profession intermédiaire ou catégorie B de la fonction publique. Il y a déjà une bonne adéquation avec le niveau d’étude.
 


Selon vous, comment pourraient être améliorés vos partenariats ?


Il faudrait, pour cela, que les entreprises soient encore plus présentes et que nos partenariats s’inscrivent dans le long terme, la confiance, le respect mutuel et l’accompagnement.
 


Quels enseignements tirez-vous de ces actions ?


Il y a encore beaucoup à faire, surtout avec les étudiants.
 


C’est-à-dire ?


Généralement, l‘étudiant n’anticipe pas sa sortie dans le monde professionnel. Or, les techniques d’insertion professionnelle se bâtissent dans la durée, l’étudiant se pose plutôt la question lorsqu’il rencontre le problème.

Mis à part ce point, je trouve que les partenariats avec les entreprises fonctionnent. Nous souhaitons que de nouvelles entreprises nous rejoignent et qu’elles s’impliquent encore plus dans nos formations afin d’apporter une dimension professionnelle. Notre challenge va être de réussir à faire un suivi longitudinal avec les étudiants pour pouvoir réussir encore mieux que ce que nous faisons actuellement.

 


Quels sont vos prochains objectifs en matière de partenariats universités / entreprises ?

 

Développer davantage les partenariats. En effet, nous aimerions créer des partenariats avec des entreprises du secteur secondaire.

Nous souhaitons également mieux faire connaître le BAIP auprès des entreprises.

Mais aussi, mettre en place un réseau de correspondants, au sein de l’université, pour accompagner le développement de nouvelles actions.

 

 

Quel regard portez-vous sur l’évolution des partenariats entreprises/universités ?


Notre objectif est d’avoir des diplômés et qu’ils trouvent du travail. Nous avons des contraintes de temps qui ne sont pas forcément celles de l’entreprise. Nous nous devons donc d’être vigilants et de veiller à rester en adéquation avec le fonctionnement de l’entreprise.
 


L’action « Déjeunez avec un RH »


Pourquoi cette action a-t-elle été créée ?


Nous organisons régulièrement des Cafés pour l’Emploi. Le format est conventionnel : des petites tables rondes où des Responsables de Ressources Humaines et des étudiants échangent librement, autour d’un jus de fruit ou d’un café.
Nous nous sommes aperçus que ces échanges entre RRH et étudiants restent souvent empreints de solennité. Or, nous pensons que la convivialité est une dimension importante dans ce genre de pratique. C’est alors que nous avons eu l’idée d’organiser des rencontres autour de déjeuners. Afin de ne pas être contraints de communiquer régulièrement, nous avons décidé qu’ils se feraient à date fixe : tous les premiers jeudis du mois, nous invitons un DRH au resto U.
Ainsi, les étudiants peuvent librement venir partager en toute simplicité un plateau repas avec ce DRH.

 


Quel est le bilan de ces déjeuners ?


C’est un modèle qui a du sens. Il n’est pas efficace en nombre mais il est efficace en qualité.
Nous souhaiterions à l’avenir faire intervenir des PME et des TPE lors des ces déjeuners. Des patrons de PME pourraient ainsi contribuer à déclencher ou à renforcer l’envie d’entreprendre des étudiants.

 


Le Programme Galilée


Pourquoi avez-vous mis en place ce programme ?


Pour répondre à ses besoins en recrutement, Capgemini a proposé de co-construire une formation au bénéfice de jeunes diplômés ne trouvant pas d’emploi pour leur amener des compétences dans les métiers de l’informatique et leur permettre de s’insérer professionnellement. C’est ainsi que nous avons décidé ensemble de créer un diplôme universitaire en apprentissage. L’entreprise d’accueil est Capgemini. Elle embauche en CDI les étudiants dès l’entrée en formation et les accompagne ensuite dans l’entreprise.
 


Qu’est ce que ce programme vous a apporté ?


Il nous a apporté à la fois :

  • La satisfaction d’amener des jeunes à l’emploi ;
  • Un certain renom ;
  • La satisfaction de faire la preuve de notre réactivité.

 

Comment peut-il être amélioré ?

 

Nous réussirons le jour où le dispositif n’aura plus de raison d’être. Cela signifiera que les étudiants n’auront plus besoin de ce tremplin pour trouver un emploi !
 


Quels enseignements tirez-vous de ce programme ?


Si  de notre côté, nous sommes capables d’avoir un dialogue avec les entreprises et que ces dernières sont capables de dialoguer avec nous, nous pourrons alors construire des choses qui ont du sens.
Ce Diplôme Universitaire est tourné vers l’emploi et c’est son unique objectif.

 


Quels sont vos prochains objectifs ?


Capitaliser sur cette expérience qui s’inscrit dans la durée. La première promotion de 2009 a été une réussite. Aussi, nous devrons être capables de répondre à d’autres entreprises qui connaîtraient les mêmes besoins.
 

Jean-Claude Piat

Vice-Président Insertion et Orientation de l'Université Paris 13 Nord

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