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Témoignages

Les travaux de la Fondation Bordeaux Universités concernant l'insertion professionnelle et la professionnalisation des formations.

 

Entretien avec Rodolphe Gouin, Directeur de la Fondation Bordeaux Université
 

 


Pouvez-vous nous présenter la fondation Bordeaux Université ?


L’Université de Bordeaux, regroupant les quatre universités bordelaises, l’Institut Polytechnique de Bordeaux, l’ENITAB et Sciences Po Bordeaux, a lancé à l’automne 2009 sa propre fondation. Sa vocation est d’être une nouvelle interface entre le monde universitaire et le monde socio-économique, associatif et institutionnel. Elle doit permettre à l’université de s’ouvrir davantage aux enjeux environnementaux, sociaux et de répondre aux besoins de recrutement des entreprises et des institutions. Des travaux sont également menés pour que le monde socio-économique accentue son ouverture vers l’université et que la représentation de celle-ci évolue.

 


Quelles sont les raisons qui vous ont poussé à créer cette fondation ?


Il existe principalement 2 raisons :

Tout d’abord parce que cela a été rendu possible dès 2007 grâce à la loi LRU. Cette dernière a donné aux universités la possibilité de créer des fondations, afin de mener divers projets et de lever des fonds.

Nous sentions également que la fondation avait un potentiel pour fédérer différents acteurs et lever des fonds auprès des anciens étudiants, des institutions et des entreprises.

 

 

Un des axes de votre fondation concerne l’insertion professionnelle et de la professionnalisation des formations. Pourquoi avoir choisi cet axe et quelles actions menez-vous ?


La professionnalisation des formations et l’insertion des diplômés sont des missions de l’enseignement et de la recherche. Elles figurent dans le code de l’éducation. De plus, il était extrêmement important pour nous de ne pas travailler que pour la recherche.
 

En ce qui concerne l’insertion professionnelle, nous travaillons sur l’acquisition de compétences afin que les étudiants puissent construire leur projet professionnel et s’insérer dans le marché du travail.
Pour la professionnalisation des formations, l’objectif est d’intégrer davantage d’enseignements professionnels dans les formations et ceci par le biais d’un nombre plus important de témoignages de professionnels mais aussi par l’intégration de stages pratiques dans les formations.
Un exemple concret d’action : l’opération « Littéraires en entreprise », menée avec l’Université Michel de Montaigne Bordeaux 3. Cette action vise à  montrer qu’un étudiant littéraire dispose de compétences utiles aux PME. Notre objectif est d’intéresser les étudiants aux opportunités offertes par les PME.

 


Quel bilan tirez-vous aujourd’hui de cette action ?


Cette action a demandé beaucoup de temps et d’énergie à la fondation et au Pôle Orientation – Stages – Insertion professionnelle de l’Université (POSIP). Il n’a pas été simple de trouver les missions au sein des entreprises.

Deux points d’amélioration ont été identifiés : la nécessité de prendre davantage le temps d’expliquer l’intérêt de l’opération aux entreprises et la préparation, à la fois,  des tuteurs, des étudiants et des entreprises.
Mais d’une manière générale, le bilan est positif. Nous avons proposé le projet à 380 étudiants, 30 étaient intéressés et 15 ont réalisé un stage. 8 % d’étudiants intéressés, c’est un chiffre honorable sachant que ce programme est basé sur le volontariat des étudiants !
Il faut que nous montions en puissance petit à petit. Grâce à cette opération, l’hypothèse qu’un étudiant littéraire puisse apporter quelque chose à une PME a été vérifiée. Si l’étudiant est enthousiaste, il peut apporter quelque chose à une PME. Qu’il étudie la géographie, l’histoire ou la philosophie, il peut trouver une place dans une PME. Il apporte des méthodes de travail, de synthèse, de l’énergie et de la jeunesse. Cela montre que les apports d’un étudiant littéraire ne se limitent pas uniquement à la discipline qu’il a étudiée. Il n’y a pas de déterminisme des études.

 


Quels sont vos prochains objectifs ?


Suite au succès de l’opération, elle a été renouvelée. C’est l’université qui est désormais en charge de cette action, tel est le rôle de la fondation : impulser de nouvelles pratiques à travers des expérimentations et faire évoluer certaines représentations. Ces actions ont vocation à être ensuite déployées et renouvelées par l’Université elle-même.
 


Quelles autres actions menez-vous ?


Des actions pour faciliter la professionnalisation :
Avec Sanofi, nous avons monté une chaire de recherche et de formation afin de financer des conférences sur les biotechnologies à destination des étudiants de prépa, d’enseignants, de lycéens et d’étudiants de l’Université de Bordeaux qui ne sont pas dans la filière biotechnologie.

Leur objectif : faire connaître ce secteur en pleine expansion et qui va recruter massivement. Il a donc besoin de se faire connaître. A travers ces conférences, des professionnels viendront parler de leur métier mais aussi intervenir dans les cours des étudiants en biotechnologie. La professionnalisation des formations est indispensable pour l’insertion professionnelle.
En s’associant avec Sciences Po Bordeaux, GDF-SUEZ, la fondation a également monté une chaire de recherche et d’enseignement afin de faire intervenir entre autres des professionnels étrangers dans des cours.


Des actions en faveur de la création d’entreprises :
Enfin en 2012, un important projet nommé ECA, Entreprenariat Campus Aquitaine, est mis en œuvre  par l’Université de Bordeaux. 

Son objectif est de proposer des cours d’accompagnement à la création d’entreprise, à tous les étudiants, quel que soit sa discipline ou son établissement. Des enseignants et des chefs d’entreprises vont les accompagner dans ce projet.

La fondation souhaite accorder des bourses aux jeunes diplômés, pour qu’ils puissent créer leur propre entreprise. Lorsque l’on est jeune et que l’on n’a pas le droit au RSA, aucune aide n’existe pour vivre durant la création de son entreprise. Il s’agit d’encourager les jeunes à développer leur potentiel en soutenant la phase de création.
 

 

Pour plus d'informations sur la Fondation Bordeaux Université, cliquez ici.

 

Rodolphe Gouin

Directeur de la Fondation Bordeaux Université

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