Сigarettes 

Témoignages

Les actions du SOFIP (Service Offre de Formation et Insertion Professionnelle) de l'Université Paris Descartes pour l'insertion professionnelle de ses étudiants.

 

Interview de Valérie Sacriste, chargée de mission politique au sein du SOFIP

et Françoise Anibali, chargée de développement Relations Entreprises/Insertion professionnelle

 

 


Madame Sacriste, pourriez-vous nous présenter en quelques mots l’Université Paris Descartes ?


Valérie Sacriste : L’université Paris Descartes est pluridisciplinaire. Elle regroupe diverses disciplines : médecine, pharmacie, ontologie, maïeutique, mathématiques-informatique, droit,  économie-gestion, sciences biomédicales, psychologie, les sciences sociales, les sciences du langage, les sciences de l’éducation et un IUT qui comprend 6 départements de formation : carrières sociales, Gestion des Entreprises et des Administrations, Information et communication, informatique, Statistique et Informatique décisionnelle, technique de commercialisation
En 2011 l’université  a fêté ses 40 ans et compte en 2012, environ 38 000 étudiants. Le taux d’inscription progresse depuis 5 ans à un rythme soutenu.

 


Pourriez-vous nous résumer le rôle du SOFIP ?


V.S : Le SOFIP est né en 2010. Axel Kahn, le Président de l'Université Paris Descartes a souhaité créer à cette date une instance regroupant trois services, le SCUIO-IP, l’Observatoire de la vie étudiante et la Mission Université Entreprise dans le but de développer une politique sur l’insertion professionnelle coordonnée et donc capable d’agir tout au long du parcours de l’étudiant, du lycée à la fac, jusqu’à leur insertion sur le marché de l’emploi.

 


Quel est le rôle du SOFIP ?


V.S : C’est un carrefour où plusieurs instances doivent se retrouver pour échanger : entreprises, chercheurs, enseignants, étudiants, lycéens et anciens étudiants.

 


En quoi consiste votre fonction de chargée de mission politique au sein du SOFIP ?


V.S : Ma fonction consiste à développer politiquement des projets relatifs à l’offre de formation et à l’insertion professionnelle des étudiants et ce, en s’appuyant sur un diagnostic et expertise des actions à mener ou déjà réalisées.

 


Madame Anibali, en quoi consiste votre fonction au sein de la mission entreprise ?


Françoise Anibali : Il y a deux axes.

Le premier : rendre davantage visible l’offre de formations pour les partenaires extérieurs. Nous avons traduit en termes de compétences chacun des diplômes. Nous réalisons également une cartographie des métiers référençant un certain nombre de formations.
L’autre axe est de rencontrer des entreprises (des chargés de relations écoles ou de ressources humaines) afin de construire des actions ensemble.

 


Que mettez-vous en place avec les entreprises en faveur de l’insertion professionnelle ?


V.S : Nous effectuons des partenariats avec les entreprises à plusieurs niveaux : pour les stages, les apprentissages, les thèses sous contrat CIFRE, pour mener des actions de coaching, pour faire découvrir des métiers et/ou des entreprises.

Nous travaillons également avec leur aide sur la visibilité de nos formations.

 


Comment travaillez-vous avec les entreprises sur la visibilité des formations ?


V.S : Pour communiquer avec l’entreprise, il faut parler son langage. Nous traduisons ainsi nos diplômes dans un langage accessible aux organismes professionnels. Françoise Anibali se met en relation avec les enseignants en essayant de mettre au jour les différents types de compétences que leur formation permet d’acquérir en termes de savoir,  savoir-faire, savoir être.

Puis, nous rencontrons les responsables d’entreprises et les DRH pour leur présenter les diplômes en mettant en avant des fonctions et des compétences. Ces derniers sont à chaque fois agréablement surpris et étonnés de la pluralité et richesse de nos formations.


F.A : Au lieu de présenter un diplôme avec des intitulés qui ne sont pas forcément parlant, nous listons un certain nombre de fonctions accessibles grâce à ces diplômes et cela leur parle davantage. Nous avons cartographié 120 masters.

 


Quel autre type d’action mettez-vous en place ?


V.S : Lorsque le SOFIP est né, il a fallu créer la rencontre entre la communauté universitaire et les entreprises. Nous avons donc décidé d’organiser des petits déjeuners sur des thématiques tels que le handicap ou l’alternance par exemple.
Au bout de 2 ans, nous avons voulu changer de formule afin de s’adresser directement aux étudiants. Pour cela, nous avons mis en place des rencontres professionnelles. Nous tentons de réunir sur une thématique les étudiants de différents niveaux et de diverses formations. Cela ressemble un peu aux conférences métiers que nous offrons chaque année à tous les étudiants et en particulier à ceux de licence, mais la différence est que nous réunissons avec les rencontres de Descartes les étudiants sur des thématiques plus larges comme les métiers des études et du conseil, de l’économie solidaire, du consulting. Sur cette action nous travaillons beaucoup avec des fédérations et des syndicats professionnels.
Nos conférences métiers sont organisées avec des anciens étudiants. Cela demande beaucoup de temps et d’énergie.

 


Menez-vous d’autres projets ?


V.S : Nous menons le Projet Professionnel Etudiant (PPE). Nous demandons à tous les étudiants de L2 de faire des interviews avec des professionnels sur leur lieu de travail. C’est un moyen  pour l’étudiant de rencontrer des professionnels qui  travaillent  dans le secteur qui les intéresse. Cet enseignement apporte beaucoup aux étudiants car il leur permet de voir si leur représentation du métier correspond à la réalité.  Certains sont revenus vers moi en me disant « merci, car j’aurais pu faire la plus grosse erreur de ma vie ».

Nous mettons également en place des ateliers Cap emploi qui visent à apprendre aux étudiants à décrypter le marché de l’emploi, à faire des Cv, des lettres de motivation.

Des RH interviennent aussi pour effectuer des simulations d’entretien. Le coaching dure 6 séances et s’effectue dès la L3 jusqu’au Doctorat. Par conséquent, il y a une sensibilisation au monde professionnel à tous les niveaux d’étude par le biais des stages, en L2 avec les PPE, puis en L3  avec les ateliers Cap emploi et cela continue en Master et doctorat.

Globalement à la sortie de leur cursus, les étudiants de Paris Descartes doivent être capables d’analyser le marché du travail. De plus, ils savent faire un CV et une lettre de motivation. Les PPE et les stages sont obligatoires.  Les ateliers Cap emploi quant à eux sont pour l’instant optionnels, mais dans de nombreux masters, ils font partie intégrante de la formation.
Nous essayons aussi de monter des partenariats avec les entreprises pour les stages et les offres d’apprentissage.

 


Avez-vous des partenariats plus poussés qui se sont formalisés par une convention avec des entreprises ?


V.S : Lorsque je suis arrivée à Paris Descartes je pensais qu’il fallait faire des partenariats forts avec des conventions pour solidifier nos liens. Au bout d’un an et demi, je me suis rendue compte que cela enfermait les divers partenaires et limitait ainsi les actions.
 


Souhaitez-vous mettre en place des chaires ?


V.S : Je ne suis pas vraiment habilitée à vous répondre. Je sais simplement que cela va se faire dans le cadre du PRES Sorbonne Paris Cité.

 


Comment, selon vous, l’ensemble de vos actions peuvent-elles être améliorées ?


V.S : Je pense que les actions pourraient s’améliorer s’il y avait des SOFIP à l’intérieur de chaque faculté. C’est ce que nous tentons de mettre en place avec la création des bureaux de stage dans toutes les facultés. Le projet est récent, il a été voté en CA le 2 mai pour une mise en place en septembre 2011. Ces bureaux devront servir d’intermédiaire entre les entreprises, les enseignants et les étudiants et permettront de diffuser des offres de stages ciblées.

 


Quels sont vos prochains objectifs en matière de partenariats université/entreprise ?


V.S : Nous avons des disciplines où les étudiants ont  plus de difficultés à s’insérer. Les futurs partenariats doivent être mis en place avec ces disciplines où l’insertion professionnelle est plus difficile.

 


Quelles sont vos attentes vis-à-vis des entreprises ?


V.S : Lorsque j’ai accepté cette mission, je pensais que la thématique de l’insertion professionnelle serait difficile, mais sincèrement cela est plus facile que je ne le pensais. Les entreprises, surtout  celle du CAC 40, commencent à changer de regard sur les étudiants issus de l’université. Elles y trouvent d’ailleurs des talents ! J’ai été agréablement surprise.

 


Les sentez-vous réactives ?


V.S : Complètement. Elles nous reçoivent rapidement. Nous avons des interlocuteurs qui sont intéressés, qui nous écoutent et qui sont capables de  remettre en cause leur préjugés sur les étudiants issus des formations universitaires.

Avec les petites entreprises, il y a davantage de travail. L’action devrait porter sur les PME. Nous devrons aussi engager des actions d’information sur notre formation doctorale car les entreprises  françaises à la différence des entreprises anglaises et allemandes n’ont pas encore conscience de la plus value qu’apporte un docteur dans le monde professionnel.
 

Valérie Sacriste

Chargée de mission politique au sein du SOFIP

et Françoise Anibali

Chargée de développement Relations Entreprises/Insertion professionnelle à l'Université Paris Descartes

Tous les témoignages